La Suisse, bien plus qu'un cliché : le pays qui me surprend à chaque visite
Aujourd'hui, je vais vous parler d'un pays que je connais depuis toujours… et qui pourtant ne cesse de me surprendre. La Suisse, mon pays natal, est l'un de ces destinations que l'on a tendance à sous-estimer, surtout quand on vit en France. On pense aux montres, au chocolat, aux banques, et on passe à côté de l'essentiel. Car la Suisse regorge d'activités, de paysages à couper le souffle et de coins à explorer que même les voyageurs les plus aguerris ne soupçonnent pas.
J'y retourne régulièrement pour voir ma famille, et à chaque fois c'est la même chose : je repars avec de nouvelles découvertes plein les yeux. Alors aujourd'hui, j'ai envie de vous emmener avec moi et de vous donner quelques idées de parties du pays à absolument découvrir, que vous soyez plutôt nature, culture, gastronomie ou aventure.
Le Canton de Berne : mon coin de Suisse
Avant de plonger dans le vif du sujet, un petit mot sur le fonctionnement de la Suisse, car c'est ce qui la rend si unique. La Confédération helvétique est divisée en 26 cantons, qui sont en quelque sorte des États à part entière, chacun avec son propre gouvernement, ses lois, sa culture et parfois même sa langue. C'est ce système fédéral très décentralisé qui donne à la Suisse cette richesse de diversité sur un si petit territoire. Et mon canton à moi, c'est celui de Berne, reconnaissable entre tous grâce à son drapeau rouge et noir orné d'un ours marchant, symbole historique de la région. La légende veut d'ailleurs que la ville tire son nom du premier animal chassé sur ces terres par son fondateur, le duc Berchtold V de Zähringen, au XIIe siècle. L'ours est depuis partout à Berne, dans les armoiries, dans la pierre, dans les rues.
Berne, la capitale fédérale qui étonne
On l'oublie souvent, mais Berne est la capitale fédérale de la Suisse. Pas Zurich, pas Genève, Berne. Et c'est peut-être ça qui fait son charme : elle a la tranquillité et l'élégance d'une ville à taille humaine, loin de l'agitation des grandes métropoles.
La vieille ville et ses arcades : Le cœur historique de Berne est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, et quand on s'y promène, on comprend vite pourquoi. Ses ruelles médiévales en grès ocre, ses six kilomètres d'arcades couvertes qui permettent de se promener à l'abri de la pluie ou du soleil, ses fontaines Renaissance colorées qui ponctuent chaque carrefour… Berne dégage quelque chose de presque intemporel. On s'y sent dans une bulle, loin du monde.
La Zytglogge, l'horloge qui fait le spectacle : Impossible de passer à Berne sans s'arrêter devant la Zytglogge, cette tour de l'horloge médiévale qui trône fièrement au milieu de la vieille ville depuis le XIIIe siècle. Mais ce qui la rend vraiment spéciale, c'est son mécanisme astronomique qui s'anime chaque heure juste avant la sonnerie : des personnages défilent, un coq chante, des ours dansent… Un petit spectacle mécanique vieux de plusieurs siècles qui fait toujours son effet, même quand on l'a déjà vu des dizaines de fois.
L'Aar, la rivière qui enlace la ville : Berne est construite sur une presqu'île naturelle formée par un méandre de l'Aar, une rivière aux eaux d'un bleu-vert presque irréel. En été, les Bernois ont une tradition bien à eux : se laisser porter par le courant depuis les quartiers en amont pour rejoindre les berges du centre-ville. Une baignade urbaine et sauvage à la fois, que j'adore. Les bords de l'Aar sont aussi un endroit magnifique pour se poser, pique-niquer, et profiter d'une vue imprenable sur les toits de la vieille ville et les Alpes en arrière-plan par temps clair.
Le Musée Einstein, quand Berne croise le génie : Ce que beaucoup ignorent, c'est qu'Albert Einstein a vécu à Berne au début du XXe siècle. C'est ici, dans un modeste appartement de la Kramgasse, en plein cœur de la vieille ville, qu'il a élaboré en 1905 sa théorie de la relativité restreinte. Oui, l'une des plus grandes révolutions de la physique moderne est née dans cet appartement bernois. Aujourd'hui transformé en musée, on peut y visiter les pièces reconstituées et plonger dans l'univers du jeune Einstein. Une petite visite qui prend une toute autre dimension quand on réalise ce qui s'y est passé.
La Fosse aux ours et le Parc de l'Ours : Et puisqu'on parle de l'ours, symbole incontournable de Berne, il serait dommage de repartir sans faire un tour au Parc de l'Ours, situé en bordure de l'Aar juste au pied du Pont de Nydegg. Autrefois simple "fosse", le site a été entièrement repensé en 2009 pour offrir aux ours bruns un vaste espace naturel en semi-liberté, avec accès direct à la rivière. On peut les observer se baigner, grimper, jouer, bien loin de l'image triste d'une fosse en béton. C'est gratuit, accessible à pied depuis la vieille ville, et franchement, c'est un des endroits que je préfère montrer aux gens qui viennent me rendre visite.
Le Rosengarten, la vue qui vaut tout : Je garde peut-être le meilleur pour la fin : le Rosengarten, le jardin des roses de Berne, est un petit parc perché sur les hauteurs de la ville qui offre l'une des plus belles vues sur la vieille ville et l'Aar. En juin, quand les quelque 200 variétés de rosiers sont en fleurs, l'endroit est absolument magique. Mais même hors saison, on vient ici pour s'asseoir sur un banc, souffler, et contempler la ville d'en haut. C'est gratuit, c'est calme, et ça reste un de mes endroits préférés à Berne.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
La région d’Interlaken, la perle de l'Oberland bernois : entre lacs, glaciers et traditions
À moins d'une heure de route de Berne, la région d'Interlaken est l'une de ces destinations qui marquent à vie. Posée entre le lac de Thoune et le lac de Brienz, avec en toile de fond l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau, c'est un décor qui donne l'impression de vivre dans une carte postale. Et pourtant, on est loin du simple décor — cette région est vivante, généreuse, et elle n'a pas fini de me surprendre.
Interlaken, la porte des Alpes : Interlaken est depuis longtemps la capitale des sensations fortes en Suisse. C'est ici que convergent tous ceux qui viennent chercher l'adrénaline en montagne : parapente au-dessus des Alpes, saut à l'élastique, canyoning, rafting sur les torrents de montagne, ski en hiver… La ville est une sorte de base camp idéale pour explorer la région, avec une offre impressionnante quelle que soit la saison. Mais c'est aussi un point de départ vers des endroits encore plus beaux.
Wengen, le village suspendu dans les nuages : Pour rejoindre Wengen, il faut laisser la voiture en bas. Le village est accessible uniquement en train à crémaillère depuis Lauterbrunnen, et c'est déjà en soi une annonce de ce qui vous attend : ici, on vit autrement, plus lentement. Wengen est un petit village d'altitude accroché à flanc de montagne, face à une vallée vertigineuse et à des cascades qui tombent de partout, la vallée de Lauterbrunnen compte pas moins de 72 chutes d'eau. En hiver c'est un domaine skiable réputé, en été c'est un paradis de randonnée avec des vues imprenables sur l'Eiger et la Jungfrau. Un endroit où l'on coupe vraiment avec tout. Mais Wengen, pour moi, c'est bien plus qu'un beau village de carte postale. Pendant plus de quinze ans, c'est ici que ma famille et moi avons posé nos valises, été comme hiver, dans notre chalet familial. Quinze ans de premières neiges, de randonnées au soleil, de soirées au coin du feu, de réveils avec cette vue sur la Jungfrau. Wengen fait partie de moi d'une façon que je n'arrive pas vraiment à expliquer, c'est un de ces endroits rares où l'on se sent exactement à sa place, où le reste du monde s'efface. Aujourd'hui encore, quand la vie va trop vite et que j'en ai besoin, c'est là que j'ai envie de retourner. Mon refuge.
Kleine Scheidegg et l'Alpenmakkaroni : Kleine Scheidegg, c'est un col d'altitude à 2 061 mètres, accessible en train depuis Wengen ou Grindelwald, et c'est là que se prend le train pour la Jungfraujoch. Mais avant même de monter plus haut, il faut s'arrêter ici. Parce que Kleine Scheidegg offre ce que je considère comme l'une des plus belles vues des Alpes : la face nord de l'Eiger, vertigineuse et imposante, juste en face de vous. Les randonneurs, les alpinistes, les familles, tout le monde se retrouve dans ce petit bout de monde suspendu entre ciel et roche. Et c'est là que j'en viens à quelque chose que je dois vous confesser : je rêve tous les jours d'Alpenmakkaroni. Oui, des macaronis. Mais pas n'importe lesquels. L'Alpenmakkaroni est un plat typiquement suisse, une sorte de gratin de pâtes généreusement mélangées à de la crème fraîche, du fromage fondu, de lards, et des oignons dorés croustillants par-dessus, accompagné de compote de pommes, ce mélange sucré-salé qui peut surprendre mais qui est absolument divin. C'est le plat que l'on sert dans les petits restaurants de montagne, les Bergrestaurant, après une longue randonnée dans le froid. Simple et réconfortant.
La Jungfraujoch, le toit de l'Europe : Depuis Kleine Scheidegg, on embarque dans le train à crémaillère le plus célèbre de Suisse, et l'un des plus impressionnants au monde. Le trajet vers la Jungfraujoch est une expérience à part entière : le train s'enfonce progressivement dans la montagne, traverse des tunnels creusés directement dans la roche et la glace, avec des arrêts à des fenêtres taillées dans la paroi qui donnent sur des à-pics vertigineux. On sort ensuite à 3 454 mètres d'altitude, sur ce qu'on appelle le "toit de l'Europe". Le choc est garanti. Là-haut, l'air est rare, le froid est vif même en été, et le paysage est d'une beauté brutale : le plateau enneigé, le glacier d'Aletsch qui s'étire sur 23 kilomètres, les sommets tout autour. Il y a un palais de glace creusé dans le glacier, un observatoire, et cette sensation étrange d'être au bout du monde tout en étant accessible en train.
Les Gorges de l'Aar, la nature à l'état brut : Un peu moins connues que la Jungfraujoch mais tout aussi saisissantes, les Gorges de l'Aar, ou Aareschlucht, se situent entre Meiringen et Innertkirchen, à l'est d'Interlaken. L'Aar y a creusé au fil des millénaires un canyon étroit et profond dans la roche, avec des parois qui s'élèvent jusqu'à 200 mètres de hauteur et se resserrent parfois à moins d'un mètre de largeur. On les traverse à pied sur des passerelles et des galeries accrochées à la roche, au-dessus des eaux turquoise qui rugissent en contrebas. C'est un endroit à la fois intimidant et absolument fascinant, une plongée dans la puissance silencieuse de la nature. Prévoir de bonnes chaussures et ne pas hésiter à prendre son temps.
Le cor des Alpes, la voix de la montagne : On ne peut pas parler de cette région sans évoquer le cor des Alpes, ce long instrument recourbé en bois qui est l'un des symboles les plus profonds de la culture suisse alpine. À l'origine instrument de communication entre les bergers et les villages de montagne, le cor des Alpes produit un son grave, long et vibrant qui porte à des kilomètres dans les vallées. Ce son-là, quand on l'entend résonner contre les parois d'une montagne au coucher du soleil, il vous prend quelque chose au ventre. Aujourd'hui le cor des Alpes est devenu un symbole culturel fort, avec des festivals, des concours et des joueurs qui perpétuent cette tradition avec fierté. Si vous avez la chance d'en entendre jouer en pleine montagne, à Kleine Scheidegg, sur les alpages autour d'Interlaken ou lors d'un festival folklorique, ne passez pas votre chemin. C'est un moment qui vous reste longtemps.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
Le Canton de Lucerne
Le canton de Lucerne est souvent surnommé le cœur de la Suisse, et ce n'est pas un hasard. C'est sur ses rives, au bord du lac des Quatre-Cantons, que la légende situe la naissance de la Confédération helvétique en 1291. Un morceau d'histoire nationale à part entière.
Lucerne, la ville carte postale
Lucerne est de ces villes qui vous désarment dès les premières minutes. On pose les pieds en vieille ville et on comprend immédiatement pourquoi elle figure sur la liste de presque tous les voyageurs qui traversent la Suisse.
Le symbole absolu de la ville, c'est le Kapellbrücke, un pont couvert en bois qui enjambe la Reuss depuis le XIVe siècle, orné de peintures historiques accrochées aux poutres intérieures. C'est l'un des monuments les plus anciens et les plus photographiés de Suisse, et il a ce charme particulier des choses qui ont traversé les siècles sans perdre leur âme. Juste à côté, la tour du Château d'Eau qui se reflète dans la rivière complète ce tableau que l'on a l'impression d'avoir déjà vu mille fois, et pourtant, en vrai, ça prend quand même aux tripes.
Non loin de là se trouve l'un des monuments les plus émouvants du pays : le Lion de Lucerne. Sculpté directement dans la roche au XIXe siècle, ce lion mourant commémore les gardes suisses tombés lors de la Révolution française. Mark Twain l'avait qualifié de monument le plus triste et le plus touchant du monde, difficile de ne pas lui donner raison en le découvrant.
Le lac des Quatre-Cantons est lui aussi incontournable. Une croisière sur ses eaux permet de découvrir des paysages alpins magnifiques, des petits villages au bord de l'eau et cette lumière particulière qui change selon les heures et les saisons. Et pour les amateurs de hauteur, le Mont Pilate accessible en télécabine depuis la ville offre un panorama à 360 degrés sur le lac et les Alpes qui laisse sans voix.
Lucerne, c'est une ville qui se visite facilement à pied, qui se savoure lentement, et qui donne envie de revenir.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994 + Unplash
Le Canton de Fribourg
Le canton de Fribourg est l'un des plus singuliers de Suisse : il est officiellement bilingue, français et allemand, avec une frontière linguistique qui traverse littéralement le canton, on l'appelle la Röstigraben, terme qui désigne en Suisse cette frontière culturelle et linguistique qui sépare la Suisse romande de la Suisse alémanique. Passer d'un village à l'autre, c'est parfois changer de langue, d'ambiance, de façon de vivre. C'est fascinant. Mais ce que le monde entier retient du canton de Fribourg, c'est avant tout un nom : Gruyère.
Gruyères, le village qui sent bon le fromage
Gruyères, avec un s, contrairement au fromage qui s'écrit sans, est un village médiéval perché sur une colline au milieu des alpages, et c'est l'un des endroits les plus charmants que la Suisse ait à offrir. Les remparts, les ruelles pavées, le château qui domine la vallée, les maisons à colombages… le village semble sorti tout droit du Moyen Âge.
Et bien sûr, impossible de parler de Gruyères sans parler de son fromage. Le Gruyère AOP est l'un des fromages les plus célèbres au monde, fabriqué dans la région depuis plus de neuf siècles selon un savoir-faire ancestral. À la Maison du Gruyère, juste au pied du village, on peut observer toutes les étapes de la fabrication, comprendre ce qui rend ce fromage si particulier, sa pâte dure, son goût fruité et légèrement salé qui s'affine avec le temps, et évidemment le déguster sur place. Une visite simple et authentique qui vaut vraiment le détour.
Le village abrite aussi le Château de Gruyères, une forteresse médiévale remarquablement bien conservée qui offre une plongée dans l'histoire de la région et une vue splendide sur les alpages environnants et les Préalpes fribourgeoises. Et pour les amateurs de contrastes insolites, Gruyères cache une curiosité inattendue : le Musée HR Giger, dédié à l'artiste suisse créateur de l'univers visuel d'Alien. Un univers sombre et biomécanique au milieu des vaches et des alpages, la Suisse n'a pas fini de surprendre.
Et si on parle fromage, on ne peut absolument pas quitter Gruyères sans évoquer l'autre spécialité locale qui fait le bonheur de tous ceux qui y passent : la meringue à la double crème de la Gruyère. Une meringue croustillante, légère, sucrée, généreusement nappée de double crème, une crème épaisse et onctueuse produite localement, bien plus riche et dense qu'une crème ordinaire. C'est simple, c'est gourmand, c'est régressif au bon sens du terme. Dans les petits restaurants du village, on vous en sert des portions généreuses que l'on dévore les yeux mi-clos en regardant les alpages par la fenêtre. C'est le genre de plaisir pour lequel on oublie tous ses principes alimentaires sans le moindre regret.
Gruyères se visite en une demi-journée, mais on en parle pendant des années.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
Le Canton du Tessin
Le Tessin, c'est la grande surprise de la Suisse. On franchit les Alpes, on passe de l'autre côté, et soudain tout change, la langue, les couleurs, la lumière, l'architecture, l'ambiance. On est toujours en Suisse, et pourtant on se croirait en Italie. Le Tessin est le seul canton entièrement italophone du pays, et il a cette douceur de vivre méditerranéenne qui contraste magnifiquement avec le reste de la Confédération. Les palmiers au bord des lacs, les villages aux toits de tuiles rouges accrochés aux flancs des montagnes, la pasta et le risotto qui remplacent la fondue, le dépaysement est total.
Le Col du Grand-Saint-Bernard, la porte entre deux mondes : Pour rejoindre le Tessin depuis le Valais, on peut emprunter l'un des passages alpins les plus mythiques de Suisse : le Col du Grand-Saint-Bernard, à 2 469 mètres d'altitude, qui relie le Valais suisse au Val d'Aoste italien en passant à deux pas du Tessin. C'est l'un des plus anciens cols alpins d'Europe, emprunté depuis l'Antiquité, traversé par Napoléon avec son armée en 1800. Aujourd'hui encore, la route qui serpente entre les pierres et la neige tardive a quelque chose de solennel. Au sommet trône le célèbre hospice fondé au XIe siècle, gardien des voyageurs depuis des siècles, et berceau du non moins célèbre chien Saint-Bernard, cette grosse boule de poils sympathique devenue elle aussi un symbole de la Suisse.
Lugano, la dolce vita au bord du lac : Lugano est la grande ville du Tessin, et c'est une ville qui séduit immédiatement. Posée au bord de son lac aux eaux bleues profondes, entourée de montagnes verdoyantes, elle mêle l'élégance suisse et la joie de vivre italienne avec un naturel déconcertant. Le front de lac, les ruelles du centre historique avec leurs arcades et leurs terrasses animées, les églises aux façades baroques, les boutiques et les galeries d'art, Lugano a une vraie personnalité, raffinée et décontractée à la fois. Le Monte San Salvatore et le Monte Brè, accessibles en funiculaire, offrent des panoramas exceptionnels sur le lac et les Alpes environnantes. Et une croisière sur le lac de Lugano, avec ses rives partagées entre la Suisse et l'Italie, est une façon magnifique de prendre la mesure de ce paysage unique. Le soir, on s'attarde en terrasse devant un Spritz ou un verre de Merlot du Tessin, car oui, le Tessin produit aussi du vin, et il est très bon, en regardant la lumière dorée descendre sur le lac. C'est la Suisse, mais version dolce vita. Et franchement, on ne s'en plaint pas.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
Le Canton du Valais
Le Valais, c'est la Suisse dans ce qu'elle a de plus spectaculaire. Un canton immense, taillé dans la roche et la glace, traversé par le Rhône et encadré par les plus hauts sommets d'Europe. C'est ici que se concentre une bonne partie des quatre mille mètres suisses, ici que les glaciers semblent défier le temps, ici que la nature impose le respect à chaque détour de route. Le Valais est aussi un canton bilingue, français à l'ouest, allemand à l'est, avec une identité forte, des traditions bien ancrées et une générosité qui se retrouve jusque dans l'assiette. Mais on y reviendra.
Zermatt et le Cervin, l'icône absolue : Il y a des images qui symbolisent un pays entier. Le Cervin est de celles-là. Cette pyramide de roche et de glace qui s'élève à 4 478 mètres au-dessus de Zermatt est l'un des sommets les plus reconnaissables au monde, et en vrai, il est encore plus impressionnant qu'en photo. Zermatt, comme Wengen, est un village sans voitures, accessible uniquement en train, ce qui lui donne cette atmosphère particulière de bout du monde préservé. Les rues sont animées, les restaurants chaleureux, et partout on lève les yeux vers cette silhouette qui domine tout. En été, la région est un paradis de randonnée avec des sentiers qui offrent des vues à couper le souffle sur le Cervin, le Mont Rose et les glaciers environnants. En hiver, c'est l'un des domaines skiables les plus réputés d'Europe, avec de la neige garantie presque toute l'année grâce à l'altitude. Et pour ceux qui ne skient pas, la simple contemplation du Cervin au lever du soleil, quand la lumière rose et dorée embrase la roche, vaut à elle seule le voyage.
Les Gorges de Gornerschlucht : À deux pas du centre de Zermatt, les gorges de la Gornerschlucht sont une merveille naturelle que l'on a vite fait de négliger au profit du Cervin, ce serait une erreur. La Gorner, torrent glaciaire aux eaux turquoise et rugissantes, a creusé au fil des millénaires un canyon étroit et sinueux dans la roche, avec des parois lisses et sculptées par l'eau d'une beauté presque abstraite. On les parcourt à pied sur des passerelles et des galeries en bois accrochées à la roche, au-dessus du torrent qui gronde en contrebas. Le trajet est court, moins d'une heure aller-retour, mais l'ambiance est saisissante. La lumière qui filtre entre les parois, le bruit de l'eau, la fraîcheur qui monte du canyon… c'est un contraste étonnant avec les grands espaces alpins que l'on vient de traverser pour arriver jusqu'ici. Un endroit que l'on ne voit dans aucune carte postale de Zermatt, et qui mérite pourtant largement le détour.
Le Glacier d'Aletsch, le géant des Alpes : Le glacier d'Aletsch est le plus grand glacier des Alpes, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, et c'est une expérience visuelle qui laisse sans voix. Vingt-trois kilomètres de long, jusqu'à neuf cents mètres d'épaisseur, une masse de glace colossale qui serpente lentement entre les sommets comme un fleuve figé dans le temps. On le découvre depuis les hauteurs de la Jungfraujoch côté bernois, mais c'est depuis le Valais, notamment depuis le belvédère de la Moosfluh au-dessus d'Riederalp, qu'on en prend peut-être le mieux la mesure, cette langue de glace qui s'étire à perte de vue, striée de crevasses bleues, entourée de silence. Le glacier d'Aletsch est aussi un rappel puissant de ce que le changement climatique est en train de faire à nos montagnes. Il recule chaque année de façon visible et mesurable. Le voir aujourd'hui, c'est aussi une façon de prendre conscience de ce que nous risquons de perdre.
Le Col de la Furka, la route qui frôle le glacier : Le col de la Furka, à 2 429 mètres d'altitude, est l'un des grands cols alpins suisses, et l'une des routes de montagne les plus spectaculaires qui soit. Il relie le Valais aux Grisons et à la Suisse centrale, et sa montée comme sa descente sont un festival de lacets, de panoramas vertigineux et de paysages lunaires. Mais ce qui rend la Furka vraiment unique, c'est le Glacier du Rhône qui se déploie juste au bord de la route, accessible à pied en quelques minutes. On peut s'en approcher, toucher la glace, entrer dans des galeries creusées à l'intérieur du glacier, une expérience étrange et fascinante, comme pénétrer dans les entrailles de la montagne. Les amateurs de cinéma reconnaîtront peut-être le col de la Furka : c'est ici qu'a été tournée la célèbre scène de course poursuite de James Bond dans Goldfinger en 1964, sur cette route qui serpente au-dessus du vide. La classe.
Et pour les amoureux des trains, et la Suisse en regorge, le Glacier Express passe par ici, reliant Zermatt à Saint-Moritz à travers les Alpes dans un voyage de près de huit heures à travers des paysages absolument irréels.
Crédit photos : Fabienne Sardain – Agence 1994
D'autres coups de cœur, sans les photos…
Un blog voyage, c'est aussi l'histoire de visites que l'on n'a pas forcément eu le réflexe de capturer comme il faut. Voici quelques endroits que j'ai eu la chance de découvrir, même si je n'ai pas les photos pour les illustrer comme ils le méritent.
Neuchâtel et le Creux du Van : J'ai découvert Neuchâtel en rendant visite à ma sœur, qui y a fait une partie de ses études, et ce fut une belle surprise. La ville, posée au bord de son lac avec ses façades jaunes dorées caractéristiques et sa collégiale médiévale qui domine les toits, a une élégance tranquille et un peu secrète que l'on ne soupçonne pas forcément de l'extérieur. C'est une ville universitaire vivante, avec une vraie douceur de vivre. Mais le joyau du canton, c'est sans doute le Creux du Van, un cirque rocheux naturel absolument spectaculaire, surnommé le "Grand Canyon suisse". Ces falaises de calcaire qui s'élèvent à près de 150 mètres de hauteur en forme de fer à cheval, au milieu d'une nature préservée et sauvage, sont l'une des plus belles randonnées de Suisse romande. On y croise des bouquetins en liberté, et la vue depuis le bord du cirque sur le Jura et les Alpes est à couper le souffle. Une merveille que je regrette de ne pas avoir mieux photographiée.
Zurich et le magasin Freitag : Zurich, c'est la grande métropole suisse, financière, culturelle, animée. Et au milieu de tout ça, un endroit qui résume bien l'esprit créatif et un peu décalé de la ville : le magasin Freitag. Pour ceux qui ne connaissent pas, Freitag est une marque suisse iconique qui fabrique des sacs et accessoires entièrement conçus à partir de bâches de camion recyclées, de ceintures de sécurité et de chambres à air de vélo. Chaque pièce est donc unique. Et leur flagship store à Zurich est lui-même un objet architectural : une tour construite à partir de dix-neuf containers de transport empilés, au bord de la Limmat. On y monte pour la vue autant que pour les sacs. Zurich mérite clairement un article à part entière un jour, mais ce sera pour une prochaine fois.
Montreux et le Château de Chillon : Montreux, c'est la Riviera suisse, le lac Léman, les palmiers, les hôtels Belle Époque et cette lumière particulière qui a inspiré des générations d'artistes et d'écrivains. Mais ce qui m'a particulièrement marqué, c'est le Château de Chillon, cette forteresse médiévale construite sur un îlot rocheux au bord du lac, reliée à la rive par un pont. À l'intérieur, des salles voûtées, des cachots, des fresques, des siècles d'histoire que l'on traverse avec ce décor de lac et de montagnes en toile de fond par chaque fenêtre. Et Montreux réserve aussi une soirée hors du commun chaque année : sa célèbre nuit d'Halloween au Château de Chillon. Le château se transforme pour l'occasion en décor fantastique et terrifiant, avec des animations, des mises en scène et une atmosphère vraiment unique entre les vieilles pierres et les douves. Une expérience que je recommande chaudement, et que l'on n'oublie pas de sitôt.
Et si ce voyage vous donnait envie de découvrir la Suisse à votre tour…
Si, à travers ces paysages alpins, ces villages hors du temps et ces découvertes entre lacs turquoise, glaciers millénaires et traditions bien vivantes, vous ressentez vous aussi l'envie de partir explorer la Suisse, je serais ravie de vous accompagner dans la création de votre propre itinéraire.
Chaque voyage est pensé sur mesure, selon vos envies, votre rythme et votre manière de voyager : escapade culturelle dans les villes, immersion dans la nature alpine, séjour gourmand à la découverte des spécialités régionales, aventure en haute montagne ou simple douceur de vivre au bord d'un lac. La Suisse est un pays de contrastes et de surprises, et il y en a vraiment pour tous les goûts.
L'objectif est de construire un séjour qui vous ressemble, tout en vous permettant de découvrir la Suisse de manière fluide et sereine, en combinant les incontournables et des expériences plus authentiques, celles que l'on ne trouve pas dans les guides, mais que l'on garde longtemps en mémoire.
N'hésitez pas à me contacter pour échanger sur votre projet de voyage.